France JDF 2001
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HISTORIQUE JDF 2001 (ce qui c'était dit) :

Articles sur la journée de la Femme sauvé des eaux du WEB en Mai 2001
1. Site www.actiondefemme.fr
La journée de la femme - le 8 mars 2001 Les droits acquis de haute lutte par nos aînées - le vote des femmes, la contraception, l'avortement, la mixité dans les écoles, l'ouverture des écoles supérieures aux femmes - sont sûrement les événements qui nous ramènent à une des justifications de la célébration de la journée de la femme. Nous devons garder la mémoire de notre histoire et la transmettre à nos filles qui, admettons-le, n'ont pas conscience de ce passé récent. Pour ma part je suis femme, et femme toute l'année. Et notre association s'ouvre vers l'adhésion à une idée, celle de l'évolution lente et mesurée des mentalités et des comportements afin de permettre aux femmes d'atteindre tout naturellement les lieux de décision. Tout naturellement mais autour d'une idée forte : la compétence et non au nom d'une quelconque parité, concept qui renvoi à un féminisme désuet sans prendre en compte les vrais enjeux de la synergie homme/femme dans la société : la complémentarité, l'efficacité, le succès.

Tita A. Zeitoun

Présidente Fondatrice  de www.actiondefemme.fr

 

2. Vision de l'ONU
"Women's equal participation in decision-making is not only a demand for simple justice or democracy but can also be seen as a necessary condition for women's interests to be taken into account. Without the active participation of women and the incorporation of women's perspective at all levels of decision-making, the goals of equality, development and peace cannot be achieved."

Un Beijing Platform for Action http://www.un.org/womenwatch/daw/beijing/platform/index.html  

"La participation égale de femme dans le processus décisionnel est non seulement une demande de la justice simple ou la démocratie, mais peut aussi voir comme une condition nécessaire pour des intérêts de femme être tenue compte. Sans la participation active de femmes et l'incorporation de perspective de femme à tous les niveaux de processus décisionnel, les buts de l'égalité, le développement et la paix ne peuvent pas être réalisés."

L'ONU Plate-forme de Beijing pour Action

3. Dernière nouvelle d'Alsace

Rencontre annoncée dans les DNA du 4 mars 2000

A l'occasion de la journée de la femme , le club INPAN (Initiatives et projets pour l'Alsace du Nord propose un "Stammtisch" le mercredi 8 mars à partir de 20 h au restaurant Au Tigre (place d'Armes) à Haguenau.

La rencontre se fera autour d'un verre sur le thème "femme et politique" avec la participation amicale de Mmes Yvelyne Moeglen, conseillère régionale, Josiane Podsiadlo, conseillère municipale à Obersteinbach, Huguette Dreikaus, comédienne et bien d'autres femmes impliquées dans la vie de la cité.

Bilan de la rencontre dans le journal DNA du dimanche 12 mars 2000

et sur www.dna.fr "extrait" :    Pour relancer, à gauche, le débat politique, le tout récent club INPAN (Initiatives et Projets pour l'Alsace du Nord) a opté pour « un lieu convivial où l'on a le droit de parler de tout, y compris de politique et de religion », et qui a fait ses preuves : le stammtisch. Mercredi, au Tigre, autour de la table, on était venu causer, journée de la femme oblige, des femmes en politique. L'occasion pour qui le souhaitait de discuter avec les élues et militantes présentes de l'incontournable parité, mais également, de façon plus large, de l'intérêt, pour une femme, d'entrer en politique. Un débat enlevé, sans temps morts, ni consensus mou, souvent drôle, -« Nous ne voulons pas être le quota Cotorep de la politique », selon Huguette Dreikhaus-, où les hommes ont aussi eu leur mot à dire...  Suite sur www.dna.fr (archives locales du 12 mars 2000)

 

4. Interview de Margaret MARUANI sur club internet

Adresse historique du prélévement pour source  www.club-internet.fr/special/femme/   

Margaret Maruani est sociologue et directrice de recherche au CNRS. Elle dirige aussi la revue "Travail, genre et société" publiée chez l'Harmattan. Son état des lieux de l'emploi féminin dans "Travail et emploi des femmes" (La Découverte, 2000) est mitigé.

La croissance de l'activité féminine est soutenue et ininterrompue depuis 40 ans. Elle aboutit à la féminisation du marché du travail. Au début des années 60 il y avait 6 millions de femmes actives, aujourd'hui, il y en a 11,7 millions. Du côté des hommes, on est passé de 13 à 14 millions. C'est donc l'apport de l'activité féminine qui a renouvelé la force de travail.  Pour la première fois depuis l'histoire du salariat, les femmes affluent sur le marché du travail en période de crise. La crise n'a donc pas freiné leur accès à l'emploi, c'est-à-dire à l'autonomie économique, donc à la liberté. Une rupture sociologique majeure: l'essentiel des 5 millions de femmes arrivées sur la marché du travail sont des mères de famille. Hier encore, il était normal qu'une femme avec des enfants s'arrête de travailler.  Depuis le début des années 70 on observe que les filles réussissent mieux à l'école, au lycée et à l'université. Cette percée de la scolarité féminine est un des éléments qui expliquent le plus certainement la croissance de l'activité féminine.

  Il y a une tolérance sociale au chômage des femmes

Quels sont les points négatifs ?

L'égalité n'a pas progressé. Les femmes sont cantonnées dans des métiers "féminins". Les écarts de salaire, 27% en moyenne, demeurent importants. Les hommes et les femmes n'ont pas les mêmes carrières. Pourtant, les arguments invoqués pour expliquer ces inégalités - "les femmes s'arrêtent de travailler quand elles ont des enfants", "les femmes ne sont pas aussi diplômées que les hommes" - n'ont plus cours. Même dans certaines professions très qualifiées auxquelles les femmes accèdent désormais (médecins, journalistes, magistrates, avocates), les femmes n'exercent pas forcément les mêmes fonctions que les hommes, n'ont pas les mêmes carrières, les mêmes salaires.  Le temps partiel est emblématique de la division sexuelle du marché du travail: 82% des personnes à temps partiel sont des femmes. Qui dit "temps partiel" dit "salaire partiel". En France, 3,2 millions de personnes travaillent pour un salaire inférieur au SMIC, dont 82% de femmes. L'essor du travail partiel a produit des poches de pauvreté laborieuse féminine.  Les femmes sont plus au chômage que les hommes. Le taux moyen est de 12%. Il est de 10% pour les hommes et de 14% pour les femmes. Sans compter les femmes qui ne travaillent pas mais ne s'inscrivent pas au chômage. Toutes les statistiques sont sexuées. Qu'on les regarde par tranches d'âge, niveau de qualification, ou CSP, les femmes sont plus au chômage que les hommes. Objectivement, on devrait dire: "la priorité c'est la lutte contre le chômage des femmes". Or, je n'ai jamais entendu ça. Au niveau du débat social et politique, on parle du chômage des cadres, des jeunes, des plus de 50 ans, des gens peu qualifiés. Il y a une tolérance sociale au chômage des femmes qui explique ce silence. Pour beaucoup de gens, une femme au chômage, c'est moins grave qu'un homme au chômage. L'idée du "travail d'appoint" et du "salaire d'appoint" des femmes existe toujours.       

Le monde du travail et les entreprises produisent de l'inégalité

La maternité est-elle toujours invoquée pour justifier ces inégalités ?

C'est invoqué de manière écrasante. Quand on entend parler des responsables du personnel on a l'impression que les femmes sont toujours potentiellement enceintes. Or, les femmes, en France, ont deux enfants en moyenne. Un congé de maternité de quelques mois n'est pas envahissant sur une carrière de 37 ou 40 ans. Or, dans l'esprit des gens, la maternité est de nature à distinguer fondamentalement les carrières des hommes et des femmes. C'est purement idéologique. Par ailleurs, je suis frappée qu'on n'évoque jamais la paternité lorsqu'il s'agit du travail des hommes.

En quoi l'inégale division du travail dans la famille se retrouve-t-elle sur le marché du travail?

Les données de l'INSEE montrent que les femmes assurent 80% du travail domestique. Alors qu'en terme de production sur le marché du travail il y a une quasi égalité puisqu'elles sont 45% de la population active. Une division du travail très inégalitaire dans l'univers familial rebondit sur la situation des femmes sur le marché du travail, mais n'en explique pas toutes les inégalités. Le monde du travail, les entreprises, produisent des inégalités. Les systèmes de recrutement sont sexués: pour tel poste on veut un homme et pas une femme, ou le contraire. Le déroulement des carrières n'est pas le même pour les hommes et pour les femmes.                         

Il n'y a aucune pente naturelle vers l'égalité

Comment ces inégalités se perpétuent-elles?

La réalité professionnelle est très dure du fait de la pression du chômage, et les questions d'égalité sont, de ce fait, renvoyées aux calendes grecques. Il n'y a pas eu de politiques dirigées vers les femmes. Les différentes lois de 1972, 1975, et la loi Roudy de 1983 sur l'égalité professionnelle ne sont pas appliquées. Les entreprises ne font pas le bilan sur la situation comparée qu'elles devraient faire, et elles ne sont pas sanctionnées. Il n'y a pas eu de politiques pour l'emploi féminin. En revanche, il y a eu des politiques familiales comme l'APE, qui, de fait, ont renvoyé des femmes dans l'inactivité. La plupart des femmes qui ont pris cette allocation était au chômage ou en temps partiel. Elles ont été retirées du marché du travail et gommées des listes du chômage. On sait que 3 ans après, quand elles chercheront du travail, elles auront beaucoup de mal à en trouver.

Quel est  a été le rôle des syndicats?

Le syndicalisme est un levier important à condition que les syndicats et les syndiqués se saisissent de cette question. Ce n'est pas parce qu'il y a une femme à la tête d'un syndicat ou d'un parti qu'elles font avancer les choses. Il ne suffit pas d'être une femme. Encore faut-il être féministe. Il faut qu'il y ait une volonté politique. Je n'ai pas l'impression que cette question soit une priorité pour les syndicats.  Il n'y a aucune pente naturelle vers l'égalité. Si on ne prend pas de mesures volontaristes, les choses n'avancent pas. Je suis pour plus de régulation, plus de volontarisme politique, pour faire appliquer la loi, et prendre des mesures contre le chômage des femmes. Pendant des années, l'Etat a subventionné le sous-emploi en faisant des dégrèvements de charges sociales pour le travail à temps partiel. On a arrêté ces mesures. Pourquoi ne pas consacrer cet argent à subventionner l'égalité professionnelle? A donner des primes aux entreprises qui favorisent l'égalité professionnelle?

Margaret Maruani est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Les syndicats à l'épreuve du féminisme" (Syros, 1979), "Mais qui a peur du travail des femmes? (Syros, 1985), "La flexibilité à temps partiel (La Documentation Française, 1990), "Sociologie de l'emploi" (La Découverte, 1999).

Propos recueillis par Françoise Bougenot le 2 Mars 2000

 

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